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dc.contributor.advisorMavrikakis, Catherine
dc.contributor.authorDupuis-Morency, Clara
dc.date.accessioned2017-05-08T16:50:53Z
dc.date.availableNO_RESTRICTIONfr
dc.date.available2017-05-08T16:50:53Z
dc.date.issued2017-03-28
dc.date.submitted2016-08
dc.identifier.urihttp://hdl.handle.net/1866/18450
dc.subjectMarcel Proustfr
dc.subjectW. G. Sebaldfr
dc.subjectformefr
dc.subjectdéformationfr
dc.subjecttempsfr
dc.subjectregardfr
dc.subjectcécitéfr
dc.subjectpensée littérairefr
dc.subjectlittérature du vingtième sièclefr
dc.subjecttimefr
dc.subjectvisionfr
dc.subjectblindnessfr
dc.subjectliterary thoughtfr
dc.subjecttwentieth-century literaturefr
dc.subject.otherLiterature - Comparative / Littérature - Comparée (UMI : 0295)fr
dc.titleLe temps des formes : l'œuvre de la cécité chez Marcel Proust et W. G. Sebald
dc.typeThèse ou mémoire / Thesis or Dissertation
etd.degree.disciplineLittérature (Études littéraires et intermédiales)fr
etd.degree.grantorUniversité de Montréal
etd.degree.levelDoctorat / Doctoralfr
etd.degree.namePh. D.fr
dcterms.abstractÉcrire est un acte à rebours de la vie naturelle, hors du « sens commun » de la vision humaine. Afin de s'extraire des lois humaines du temps, de la chronologie qui fige la perception sur les rails de l'habitude, lesquels ont pour destination l'événement, le « but de l'action », une certaine cécité préside à l'écriture. Comment toutefois penser cet aveuglement autrement que comme la clairvoyance esthétique qui fait de l'écrivain un voyant ? L'homme trébuche, sursaute au bruit d'un tintement familier, et d'ébranlement en ébranlement l'œuvre arrive à sa révélation : à la fois révélation d'une nouvelle Loi du Temps, révélation des lois esthétiques, et enfin révélation de la « vraie Vie », celle de la littérature, qui absorbera en elle la vie de l'écrivain. Or, la Recherche de Proust, elle, a déjà été écrite : ne faudrait-il pas lire son œuvre, elle aussi, à rebours ? Si l'écriture est une certaine partance des formes et des lois humaines, un « mourir au monde » qui redonnera l'écrivain à sa patrie étrangère, le temps de l'œuvre ne se situe-t-il pas avant qu'elle n'arrive à sa vérité, avant ou plutôt en deçà de ce temps de l'événement rédempteur ? Car le texte, et plus particulièrement le récit littéraire, reste pris dans le déroulement linéaire du langage, où le sens prend forme en regard de la fin (la fin de la phrase comme la fin du livre), ce fameux temps téléologique auquel il veut échapper. Dans la révélation du vrai, il faut donc prendre un pas de côté et lire de biais, pour percevoir le moment de trébuchement, le tressaut dans lequel les formes du monde apparaissent tout autrement, avant que l'intelligence n'ait eu le temps de rétablir les contours. Un temps de cécité, au sein même du voir. La thèse se partage en deux moments de lecture. La première partie porte sur une cécité propre à la forme chez Marcel Proust, une lecture qui n'a été rendue possible que par la seconde partie, qui consiste en une lecture des déformations de l'écriture chez W. G. Sebald. En parallèle à la théorie du regard que j'articule dans ce travail, je développe une approche textuelle qui, plutôt que de penser le rapport entre les deux œuvres comme « intertextualité », tente de voir comment l'écriture de Sebald nous apprend à voir les déformations du texte proustien. Il s'agit de retracer, à même le travail des formes, l'œuvre de la cécité dans le texte. La lecture doit ainsi se rendre sensible à ce qui fait trembler l'écriture, aux mouvements formels qui échappent à l'inscription graphique de la langue. Une telle conception donne à lire le revers de la tradition littéraire en tant qu'inscription de l'esprit dans l'éternité, et plutôt comme l'incorporation organique de la langue dans le corps de ce qu'on appelle « littérature », un corps lui aussi appelé à se déformer et à se décomposer.fr
dcterms.abstractWriting is an act which runs against the grain of natural life, outside the “common sense” of human vision. In order to extricate oneself from the human laws of time, from the chronology that sets perception on the rails of habit leading towards the event, the “goal of the action,” the writing must be guided by a certain blindness. But can this blindness be conceived otherwise than as an aesthetic clairvoyance in virtue of which the writer becomes a visionary? The writer stumbles, gives a start at the sound of a familiar chime, and, from one shock to another, the work arrives at its revelation: the revelation of a new Law of Time, but also the revelation of aesthetic laws, and lastly the revelation of the “true Life” – the life of literature which will absorb the life of the author within itself. However, Proust’s Recherche has already been written: should not his work also be read against the grain? If writing is a certain departure from human forms and laws, a “dying to the world” allowing the writer to regain his foreign homeland, is the time of the work not situated before it attains its truth, or rather beneath the time of the redemptive event? Indeed, the text, particularly the literary narrative, remains within the linear sequence of language, where meaning takes form in view of the end (both the end of the sentence and the end of the book) – the very teleological time from which it seeks to escape. In the revelation of truth, it is necessary to “look awry” in order to perceive the moment of stumbling, the jolt when the forms of the world appear entirely differently, before the intellect has had time to re-establish its habitual contours – a time of blindness, within vision itself. The thesis is divided into two phases of reading. The first part examines a blindness belonging to form in Marcel Proust. This reading is made possible by the second part, which consists in a reading of the deformations of writing in W. G. Sebald. Corresponding to the theory of the gaze that I elaborate in this study, I develop a textual approach which, rather than framing the relationship between the two oeuvres in terms of “intertextuality,” attempts to show how Sebald’s writing teaches us to see the deformations of the Proustian text. The goal is to retrace the work of blindness in the text as it occurs within the very process of forming. This way of reading must therefore be sensitive to the moments when the writing trembles, to the formal movements which elude the graphic inscription of language. Such a conception incites us to read the reverse of the literary tradition, not as the inscription of the mind in eternity, but rather as the organic incorporation of language into the body of what is called “literature” – a body which is also called upon to deform itself and to decompose.fr
dcterms.languagefrafr


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