Université de Montréal

Pérouse au fil des mots et du quotidien. Trajectoires de la mémoire et pratiques communautaires dans l'Italie contemporaine

par

Jocelyne Lalande

Département d'anthropologie

Faculté des arts et des sciences

Thèse présentée à la Faculté des études supérieures
en vue de l'obtention du grade de
Philosophiæ Doctor (Ph.D.)
en anthropologie

Décembre1998

© Jocelyne Lalande, 1998


REMERCIEMENTS

      En premier lieu je désire rendre hommage à mon directeur de thèse Gilles Bibeau dont la compétence, la sensibilité et la générosité ont contribué à enrichir ma réflexion et m'ont aidée à surmonter les obstacles qui n'ont pas manqué de surgir tout au long de mon parcours.

      Je remercie également ma codirectrice Mariella Pandolfi qui a su m'orienter vers des sources documentaires éminemment pertinentes.

      J'exprime ma profonde gratitude au professeur Tullio Seppilli, directeur de l'Istituto di Etnologia e di Antropologia Culturale della Università di Perugia, qui m'a intégrée dans son groupe d'étudiants ainsi qu'à Laura Lepore, Massimiliano Minelli et à tous mes informateurs et amis pérugins avec qui j'ai partagé des moments inoubliables.

      Je veux dire à Marc-André, mon mari, qui m'a accordé un support indéfectible et à mes enfants qui ont su accepter avec humour les contraintes de toutes ces années d'études toute mon affection.

      Finalement, je remercie les Fonds pour la Formation de Chercheurs et l'Aide à la Recherche pour leur appui financier et mon employeur, le C.L.S.C. Samuel de Champlain, d'avoir autorisé l'absence prolongée nécessaire à la réalisation de ma recherche.


      À Rollande

Ma mère

Mon amie

Mon maître


PRÉAMBULE
Il y a longtemps ... Pérouse 1 

      
(...) Perugia è stata sempre una zona antica, una città molto vecchia perché i maggiori monumenti c`hanno tutti mille anni 2  . Perugia era piccolina, Perugia è stata costruita, perché è stata sempre in mezzo alle guerre, allora erano guerre diverse, non erano come adesso. Combattevano fra zone, che Le posso dire, Roma contro Perugia, dopo c`erano gli Etruschi, Perugia era una città etrusca, ci sono stati sempre combattimenti; apposta è stata costruita su un cucuzzolo per la difesa, poi Lei vedrà, ci sono le mura di cinta che col passar degli anni, le mura non le hanno toccate perché le hanno lasciate come monumento, Lei vede che ci sono delle porte, praticamente quando era una cert`ora la città veniva chiusa, chi era dentro era dentro, chi era fuori per entrare doveva bussare [picchia due volte e fa tun tun] e dopo c`è stata l`invasione del papa, nell`Ottocento è stata invasa dai papalini, l`esercito del papa erano i papalini, e i perugini non volevano che fosse invasa e giù la guerra e poi questa dell`850 mica è stata, noi non c`eravamo però i nostri bisnonni l`hanno vissuta.  (...) Pérouse a toujours été une région antique, une très vieille ville parce que les principaux monuments ont tous mille ans. Pérouse était très petite, Pérouse a été construite parce qu'elle a toujours été au milieu des guerres, à cette époque c'était des guerres différentes, pas comme maintenant, il y avait des combats entre régions, que puis-je dire? Rome contre Pérouse, ensuite il y avait les Étrusques. Pérouse était une ville étrusque, il y avait toujours des combats et c'est exprès pour sa défense qu'elle a été construite sur un sommet, et puis vous les verrez, il y a les murs d'enceinte. Avec les années les murs n'ont jamais été touchés parce qu'ils les ont laissés comme monuments, vous voyez qu'il y a des portes, en fait à une certaine heure, la ville fermait, celui qui était à l'intérieur était à l'intérieur, celui qui était à l'extérieur devait cogner pour entrer [il cogne deux fois et fait tun tun]. Après il y a eu l'invasion de l'armée du pape dans les années 1800, elle a été envahie par les soldats du pape et les Pérugins ne voulaient pas alors qu'elle soit conquise, ce fut la guerre, celle de 1850, nous n'y étions pas mais nos arrière-grands-parents l'ont vécue.
(...) No, beh, la nonna mia è morta quando c`aveva 90 anni, 96 anni dopo l`invasione dei papalini a Perugia; lei è nata poco dopo, però avendo sentito i genitori e i nonni parlare mi raccontava qualcosa, però ha capito, perché erano vite che i loro genitori e i nonni avevano vissute, durante l`invasione dei papalini a Perugia quando i perugini hanno opposto resistenza perché ha visto, infatti c`è un monumento al perugino giù a Porta San Pietro. Se Lei l`ha visto il monumento al Frontone, vicino alla chiesa, c`è un perugino che sta così col fucile, quello è a ricordo... All`inizio del giardino, all`inizio dove c`è una colonna alta sulla quale accendono il fuoco una volta all`anno.Questo monumento è stato fatto al perugino perché oppose resistenza all`esercito dei papalini, chimiamoli così, all`esercito del papa, i perugini combatterono e hanno combattuto dal Frontone venendo al crocevia, allora per la difesa, dalle abitazioni gli buttavano giù l`olio bollente dalle finestre perché passavano sotto, adesso lo fanno con gli aeroplani allora era tutto fucile, fucile... e per tirare un colpo gli ci voleva. (...) et bien ma grand-mère est morte à 90 ans, 96 années 3  après l'invasion de Pérouse par les soldats du pape mais ayant entendu ses parents ou ses grands-parents, elle m'en racontait des choses. Vous avez compris que c'était leur vie et qu'ils avaient vécu l'invasion de Pérouse par les soldats du pape lorsque les Pérugins leur ont opposé la résistance. Vous avez vu, en effet, il y a un monument plus loin à Porta San Pietro [en l'honneur] du Pérugin. Si vous l'avez vu, le monument au [jardin] Frontone près de l'église, c'est celui où il y a un Pérugin avec un fusil, c'est en sa mémoire...À l'entrée du jardin, il y a une grande colonne sur laquelle on allume le feu une fois par année. Ce monument a été fait [en hommage] aux Pérugins parce qu'ils ont opposé une résistance aux soldats du pape que nous appelons comme ça « l'armée du pape ». Les Pérugins combattirent et ont combattu du Frontone [jusqu'à] ce croisement [Porta San Pietro], alors pour se défendre ils lançaient de l'huile bouillante des fenêtres de leurs maisons lorsqu'ils passaient en dessous. Maintenant ça se fait avec des avions, mais à l'époque tout se faisait avec des fusils, des fusils...et pour en tirer un coup il en fallait [du temps].
(...)La nonna me ne parlava di questo perché lei si ricordava perché gliel`avevano raccontato i nonni suoi. E sicché Perugia è stata difesa dalla Rocca Paolina, la famosa Rocca Paolina era stata costruita sempre per queste difese(...) Sempre per queste difese che c`erano sempre scontri fra i dintorni, ma purtroppo queste nostre cittadine dell`Umbria sono state sempre un territorio di combattimenti perché se Lei vede Assisi, anche Assisi è su un cucuzzolo, c`ha le stesse caratteristiche di Perugia.(...) Spello, Spoleto sono tutte cittadine che c`hanno le loro mura di cinta per propria difesa. Assisi era uguale, c`è la rocca su, famosa. (...) Ma grand-mère m'en parlait, parce qu'elle se souvenait de ce que ses grands-parents lui avait raconté. Et bien sûr, Pérouse s'est défendue par la Rocca Paolina, la fameuse Rocca construite toujours pour [assurer] cette défense. (...) Toujours pour se défendre, il y avait toujours des affrontements aux alentours. Malheureusement, nos villes en Ombrie ont été un peu des terrains de combat, parce que si vous voyez Assise, même Assise est sur un sommet avec les mêmes caractéristiques que Pérouse. (...) Spello, Spoleto sont toutes des villes qui ont leurs murs d'enceinte, pour leur propre défense. Assise était pareille avec son fameux rocher.
(...) Da allora a adesso ? Su queste zone? E sì, il cambiamento c`è, scherza. Il cambiamento c`è da allora, adesso siamo tutti riuniti. Prima era che ogni paese faceva distaccamento: Assisi per conto suo, Perugia per conto suo.Perugia poi c`ha avuto (anche anticamente aveva) le monete, coniava le monete, c`aveva una moneta per conto suo. Questa risale; adesso io le date precise non le so. (...) Sì, ce l`ho io, riprodotta non originale, se ce ne ho una, gliela voglio portare. (...) Ma il cambiamento più importante dall`infanzia mia a adesso è lo sviluppo della città, si è allargata molto, cioè Perugia antica è rimasta di qui [la cima del colle] e l`espansione della città è scesa tutta, perché non avendo più quelle cartteristiche di difesa non interessava più a costruire in cima al monte per meglio difendersi. Tanto ormai dopo l`unione Italia è stata tutta riunita, e allora tant`era Italia a Perugia che a Roma o via, tutta Italia era, e allora non c`era più qull`interesse di difesa della zona. (...) Depuis ce temps, jusqu'à maintenant? Dans ces régions? Eh oui, du changement il y en a, vous plaisantez! Du changement il y en a eu, depuis ce temps, nous sommes tous réunis. Avant chaque ville faisait pour soi, chacune faisait ses propres affaires. Assise faisait pour elle-même, Pérouse pour elle-même. À cette époque ancienne, Pérouse avait même sa monnaie, elle frappait sa propre monnaie, maintenant je ne sais pas à quand ça remonte, les dates précises je ne les connais pas. (...) Oui! j'en ai moi, une reproduction, pas une originale, si j'en ai une, je vous l'apporterai. (...) Mais le changement le plus important depuis mon enfance jusqu'à maintenant, c'est le développement de la ville, elle s'est beaucoup agrandie c'est-à-dire, la Pérouse antique est restée telle quelle [sur le sommet de la colline] et l'expansion de la ville s'est toute faite en descendant, parce que n'ayant plus besoin de se défendre ça n'intérressait plus personne de construire au sommet ou sur la montagne pour améliorer les défenses. Désormais, après l'union de l'Italie, elle a été toute réunie et alors c'était autant l'Italie à Pérouse qu'à Rome ou partout en Italie et alors, il n'y avait plus d'intérêt à défendre la région.
(...) La guerra è brutta perché noi abbiamo avuto il fronte.Di qui è passato, sono arrivati, l`ottava armata inglese, l`otto settembre del `43. La mattina 20 giugno--- ero giovane, ero un ragazzo, avrò avuto 12 anni, ero piccolo. Di qui arrivò l`ottava armata, arrivò la mattina del 20 giugno 1943, cinquant`anni circa arrivarono. Allora era una festa perché erano finite le paure, i bombardamenti, i cannoneggiamenti, e la notte non si dormiva perché gli aeroplani sempre sopra la testa; fu bombardato l`aeroporto perché c`erano i tedeschi prima che passasse il fronte, e poi abbiamo vissuto un disagio perché lei capisce quando c`è una guerra, quella l`ho vissuta, proprio mi ricordo, c`avevo la nonna anziana e aveva più paura lei che noialtri più giovani, le bombe cadono dal cielo e mica si sa dove vanno a finire; era anche una preoccupazione per chi c`aveva i figli piccoli, i genitori anziani, tanto un giovane più o meno si difende, ma quando c`è quello che non può camminare, qullo sta male e sono preoccupazioni. (...) La guerre est laide parce que nous avons eu le front [la zone de combat]. Il est passé par ici. Ils sont passés et sont arrivés avec la huitième armée anglaise le 8 septembre 43 (...). Le matin du 20 juin, j'étais jeune, j'étais un gamin, je devais avoir 12 ans, j'étais très petit. La huitième armée arriva ici, elle arriva le matin du 20 juin 1943 4  , iI y a environ cinquante ans, c'était alors la fête parce que la peur des bombardements et des tirs de canons était terminée. Avant, la nuit, nous ne dormions pas parce que les avions étaient toujours au-dessus de nos têtes, l'aéroport fut bombardé parce que avant que le front passe il y avait les Allemands. Et, après, nous avons aussi vécu des conséquences fâcheuses, vous comprenez, lorsqu'il y a une guerre comme celle que j'ai moi-même vécue, et je me souviens vraiment, j'avais la vieille grand-mère qui avait plus peur que nous les plus jeunes. Les bombes tombent du ciel et on ne sait pas où elles vont aboutir. C'était aussi une inquiétude pour ceux qui avaient des petits enfants et des parents âgés, un jeune peut plus ou moins se débrouiller, mais quand il y en a un qui ne peut pas marcher, un autre qui va mal, ce sont des préoccupations.
(...) [nella nostra famiglia] Siamo due, maschio e femmina, ma quella è più anziana di me, è più vecchia, io sono più giovane. È sola, c`ha le figlie sposate: una a Foligno un`altra a Perugia, però lei vive sola, le è morto il marito e vive sola. Il babbo mio sì, perché allora il periodo antico di Perugia, [Tiburzio si rende conto che il termine antico non è adatto e allora dice] il periodo circa 70 anni fa, 90 anni fa, le famiglie erano molto numerose, lei vede la differenza fra oggi e ieri, e oggi la differenza è che le famiglie una volta erano di quindici, venti persone, minimo dieci, oggi il massimo le famiglie: tre, quattro, cinque il massimo, andando avanti con gli anni si sono sempre sfoltite, mi capisce scusi? 5  sono rimaste sempre meno perché, ha visto, una volta due fratelli stavano insieme con tutto il nucleo famigliare, anche tre fratelli, dopo andando avanti con gli anni si è cercato sempre di diminuire, perché la maggior parte erano allora di qui, specialmente sulla nostra zona che era una zona agricola , (agricoltori) e ci volevano le famiglie molto numerose, perché sennò non si lavoravano i terreni, non li tiravano avanti se erano poche persone, non si poteva lavorare, allora più persone erano e meglio si lavorava sulla questione agricola. Dopo, finito questo periodo, si sono visti i giovani che andando avanti cercavano di andare via dalla terra e andare in città o andare in fabbrica a lavorare. Cioè questo cambiamento è stato enorme. (...) [dans notre famille] Nous sommes un garçon et une fille, mais elle est plus âgée que moi, elle est plus vieille, je suis plus jeune. Elle est seule et ses filles sont mariées, une à Foligno, l'autre à Pérouse, mais elle vit seule. Son mari est mort et elle vit seule. Mon papa, parce que c'était alors la période antique de Pérouse, [Tiburzio se rend compte que le terme antique n'est pas approprié et alors il dit] la période, il y a environ 70 ans, 90 ans, les familles étaient très nombreuses. Vous la voyez la différence entre aujourd'hui et hier, entre hier et aujourd'hui, la différence est qu'avant les familles étaient de quinze, vingt personnes, minimum dix, aujourd'hui au maximum les familles [sont] de trois, quatre, cinq maximum. Avec les années, elles se sont toujours clairsemées, excusez, vous me comprenez? Elles sont restées toujours moins [nombreuses], parce que voyez-vous, avant deux frères demeuraient ensemble avec le noyau familial, trois frères même, mais avec les années, elle [la famille] a toujours cherché à diminuer parce que la majorité, surtout dans notre région qui était agricole, devait être nombreuse, autrement on ne pouvait pas travailler les terres, on ne vivait pas bien s'il n'y avait pas assez de monde, on ne pouvait pas travailler; c'était donc mieux d'avoir plus de personnes quand on travaillait en agriculture. Une fois cette période finie, les jeunes cherchaient à quitter la terre et à aller à la ville ou à travailler dans une usine. Ce changement a été énorme.
[a proposito del luogo di residenza dei suoi genitori] (...) sul circondario di Perugia, sulla pereriferia, però erano famiglie numerose, stavano insieme fratelli, tutti insieme, dopo ogni nucleo famigliare ha preso la strada (di città), beato chi è stato più fortunato di poter(lo fare). Il mio babbo è venuto in città a Perugia. Noi siamo nati qui perugini, però erano perugini anche loro perché stavano sui dintorni non è che erano poi tanto lontano; e dopo ognuno ha preso la sua strada perché, ha visto, io ho preso il mio lavoro, la sorella mia ha preso il suo, ognuno prendeva perché c`era anche modo che allora in città il lavoro si trovava, era soddisfacente. (...) l`industrie sono calate, ha capito, adesso è stato un po` lo sviluppo in generale; una volta dove c`erano dieci operai adesso c`è una macchina che fa il lavoro per dieci. È andato un po` avanti sempre così, ma andremo avanti sempre peggio perché sul lato dell`occupazione perché capisci, con questi momenti(tempi), con quest`invenzioni...Adesso una macchina che fa quest`articolo, prima ci voleva un giorno, adesso questa lo fa in un secondo, gli operai, l`occupazione di operai cala, la disoccupazione aumenta... [au sujet du lieu de résidence de ses parents] (...) Aux alentours de Pérouse, dans la banlieue, mais c'étaient des familles nombreuses, les frères demeuraient ensemble, tous ensemble, puis chaque noyau familial a pris son chemin, bienheureux celui plus chanceux qui a pu le faire. Mon papa est venu en ville, à Pérouse et nous, nous sommes nés ici [nous sommes nés] Pérugins; mais eux aussi étaient des Pérugins parce qu'ils vivaient aux alentours, pas très loin. Après chacun a pris sa voie, vous voyez, j'ai pris mon travail, ma soeur a pris le sien, chacun le faisait parce qu'il y avait à ce moment-là la possibilité de trouver en ville un travail satisfaisant. (...) L'industrie a décliné maintenant, vous avez compris, et un peu aussi le développement en général. Là où avant, il y avait dix ouvriers, maintenant, il y a une machine qui fait le travail pour dix. Et la situation a continué un peu toujours comme ça, mais nous irons toujours vers pire parce que du côté de l'emploi, tu comprends, dans ces temps-ci, avec ces inventions, maintenant une machine qui fait cet article le fait en une seconde, avant ça prenait un jour; l'emploi pour les ouvriers diminue et le chômage augmente...
[a proposito delle imprese importanti di oggi] (...) Ancora è la Perugina, c`era la Spagnoli, facevano l`abbigliamento, ci ha lavorato mia moglie, 35 anni ci ha lavorato, erano parecchi operai, circa 1500 operai, la Perugina allora sarà stata a 2000-2500 operai. Oggi è sempre la maggiore, però con meno occupati. S`è sentita la meccanizzazione delle fabbriche, inventando macchine sempre più perfette, la manodopera automaticamente è calata.È difficile! Oggi, ha visto, anche gli extracomunotari che sono venuti qui cercano una campagna perché la gioventù nostra è andata via dalle campagne, oggi c`hanno piantagioni di tabacco, di pomodori, tomatoes e allora adesso gli extracomunitari si arrangiano a fare quei lavori che gli italiani non fanno più, ma tanto ci vuole anche quello perché qualcuno che fa quel lavoro ci vuole: o lo fa un extracomunitario o lo fa un perugino, che lo faccia qualcuno,lo si ha da fare, sennò non possiamo mica abbandonare la terra, non è così? Ma comunque. [sur les entreprises actuellement importantes] (...) C'est toujours la Perugina, il y avait la Spagnoli, ils faisaient des vêtements, ma femme y a travaillé trente-cinq ans. Ils étaient plusieurs ouvriers, à peu près 1500 ouvriers, la Perugina aurait alors eu 2000-2500 ouvriers. Aujourd'hui, elle est toujours la plus importante, mais avec moins d'employés. On a ressenti la mécanisation des usines, avec l'invention de machines toujours plus parfaites, automatiquement la main d'oeuvre a baissé. Eh, c'est difficile! Aujourd'hui, vous avez vu aussi, il y a les immigrants qui sont venus ici, ils cherchent toujours [du travail] à la campagne parce que notre jeunesse est partie de la campagne. Aujourd'hui, il y a des plantations de tabac, de tomates et alors maintenant les immigrants s'arrangent pour faire ces travaux que les Italiens ne font plus, on en a besoin aussi parce qu'on a besoin que quelqu'un fasse ce travail, ou bien les immigrants le font ou bien un Pérugin le fait, quelqu'un doit le faire, nous ne pouvons pas abandonner la terre n'est ce pas? Mais de toute façon.
Tiburzio  

      

Figure 1 : Vue d'une partie du centre historique de Pérouse depuis la Via della Cupa (1994).


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